Réserve naturelle régionale de Saint Maurin
SAINT MAURIN EST UN SITE NATUREL EXCEPTIONNEL D'INTERET PATRIMONIAL MAJEUR ...
… et ce, à plusieurs titres : paysager, environnemental, écologique et historique.
S’étendant sur plus de 20 hectares, il domine la rive droite du Verdon, étagé en versants de plusieurs terrasses de prairie naturelle, modelées sur les dépôts de tuf. De nombreuses exsurgences émergent de la falaise en cascades spectaculaires. La chute la plus imposante est visible de la départementale 952.
Au cœur des Gorges du Verdon, Saint Maurin offre une ambiance insolite de fraicheur et ses espaces ouverts tranchent avec les paysages alentour à dominance boisés.
La valeur écologique de ces lieux est liée à ses richesses géologiques (tufs, résurgences…), floristiques (habitats prioritaires d’intérêt communautaire) et faunistique (insecte, avifaune, chauve-souris en particulier), permettant une approche pédagogique extraordinaire.
L’occupation humaine de ces lieux pourrait remonter au 5 ème siècle avec une installation religieuse à partir de l’Abbaye de LERINS. On retrouve également trace de Saint Maurin au 9ème siècle dans des actes de l’Abbaye de St VICTOR. Les aménagements troglodytes de plusieurs grottes, encore bien visibles, confirment l’utilisation de ce site jusqu’à une époque récente et ajoutent à la magie qui se dégage des lieux.
Depuis le 30 octobre 2009, le site de Saint Maurin est classé en Réserve Naturelle Régionale et cogéré par la commune de la Palud sur Verdon et le C.E.E.P (Conservatoire – Etudes des Ecosystèmes de Provence/Alpes du Sud).
L’accès au public est libre mais réglementé : la circulation pédestre est autorisée uniquement sur les sentiers balisés, la cueillette, la baignade, le bivouac, le feu…y sont strictement interdits.
L’accompagnement par un professionnel est fortement recommandé pour apprécier toutes les richesses du site.
Les guides ou accompagnateurs en moyenne montagne doivent être autorisés par la Maison des Gorges du Verdon.
Les fouilles à Saint Maurin
Genèse d’un nouveau projet de recherches archéologiques
C’est à grâce à la conjoncture de deux facteurs inédits que des investigations archéologiques reprennent après trente ans d’arrêt.
Tout d’abord en 2017, suite à la constatation de nouvelles fouilles réalisées à l’aide de détecteurs de métaux dans le vestige principal, la Baume murale et le Pré de Saint-Maurin. Cet évènement incite les gestionnaires de la Réserve à prendre contact avec la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et le service archéologique du Département des Alpes-de-Haute-Provence.
Leur expertise quant à la singularité du site de Saint-Maurin et l’intérêt d’initier un projet de conservation des vestiges existants encouragent désormais les équipes de la Réserve à se pencher sur le patrimoine archéologique. Le second levier est l’arrivée au service archéologique du Département des Alpes-deHaute- Provence, d’un archéologue spécialiste de la période médiévale, Maxime Dadure qui propose dès 2020 de réaliser des sondages afin de déterminer l’intérêt patrimonial et scientifique du site.
La première année de fouilles en 2021 permet la découverte de constructions s’échelonnant de la fin du VIème au XIIIème siècle et s’étendant autour de la chapelle.
Ces vestiges laissent penser que l’on se trouve au coeur d’un lieu de vie communautaire et non uniquement d’un lieu spirituel. La localisation de la chapelle Sandi Mauricii est bien confirmée mais les archéologues découvrent qu’elle se situe au sein d’un d’enchevêtrement de plusieurs bâtiments dont la fonction reste obscure.
Une seconde chapelle du VIIème siècle est découverte en 2022 au sein d’un ensemble de constructions plus étendu témoignant d’une étonnante vitalité dans une époque connue pour un déclin démographique global, ce qui démontrerait une fois de plus, la singularité de Saint-Maurin. Les sépultures découvertes autour du
prieuré rebâti au VIIème siècle confirment un lieu densément peuplé au plus tard autour des XIème et XIIIème siècles avant sa désertion au XIVème siècle. Mais le mystère reste encore entier quant à la datation et au rôle des constructions primitives sur lesquelles se sont construits les édifices du VIIème siècle.
En 2023, les fouilles se poursuivent autour des chapelles ainsi que les sondages sur d’autres zones de la Réserve conjointement à des prélèvements de travertins et de sédiments par le Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (LAMPEA), des analyses anthracologiques et des datations C-14 (CIRAM). Les résultats sont attendus d’ici la fin d’année 2023 pour mieux comprendre le contexte de la présence humaine ainsi que les dynamiques paléo-environnementales du territoire de la Réserve sur le long terme.
La campagne de 2023 confirme l’importance de l’ensemble monumental du VIIème siècle mais également l’étendue des constructions antérieures en partie effacées au fil du temps. Le cimetière se développe tout autour des édifices formant quatre strates de sépultures empilées et modifiant considérablement la topographie. Certaines de ces sépultures sont liées aux premiers bâtiments antérieurs au VIIème siècle. Plusieurs grottes, dont la Baume murée principale, ont livré des céramiques médiévales qui sont en cours d’étude, confirmant une occupation très étendue du site.
Plus globalement, les terrasses, même là où elles sont dénuées de constructions, gardent les traces d’une mise en culture intensive avec des épandages de cendres visibles à l’œil nu qui devraient être datées.
© Laura GRANATO (CEN PACA) et Maxime DADURE (archéologue au Département des Alpes-de-Haute-Provence) – paru dans la revue Garrigues n°74
La clef
En 2023, lors des dernières fouilles, une clef a été trouvée. Elle est datée du 13ème ou 14ème siècle. Nous avons la clef, mais pas trace de la porte !