Le grand canyon du Verdon
... le canyon le plus profond d'Europe
La végétation dans le canyon
Un microclimat existe dans les Gorges du Verdon. Celui-ci est dû au fait que plus on descend dans les grandes gorges, plus la lumière se raréfie et plus la température baisse, alors que l’humidité augmente. Il en résulte une inversion des étages de végétation.
Au cours de la descente dans le canyon, le promeneur qui chemine sur le GR4 (Sentier Blanc-Martel) rencontre de nombreuses espèces d’arbres communes telles que les pins sylvestres, les buis, les genêts cendrés, les chênes pubescents, les chênes verts, les hêtres, les érables et trois variétés de genévriers. Le genévrier oxycèdre ou « cade » dont on obtient l’huile de cade en brûlant son bois sans oxygène, le genévrier de Phénicie, et le genévrier commun dont on utilise les baies en cuisine et pour l’alcool.
Une autre espèce est présente sur les flancs des Gorges : l’if, dont le bois souple sert à la fabrication des arcs. C’est l’unique endroit de la région où vous pouvez le voir.
Les randonneurs reconnaîtront sur leur chemin 3 plantes endémiques au Gorges du Verdon. La doradille, la sabline et la raiponce de Villars. Les orchidées, les anémones hépatiques, les sceaux de Salomon, ainsi que les magnifiques lys martagon trouvent un terrain de prédilection dans les Gorges et se partagent la lumière avec les autres espèces dont le houx et le lierre qui grimpe sur les arbres et parois rocheuses.
La formation du canyon
Les déformations tectoniques liées à la collision se manifestent de plus en plus tardivement vers l’extérieur de la chaîne alpine. A la fin de l’ère tertiaire et au début du Quaternaire, entre -7 et -2 millions d’années, des plissements et des charriages déforment la région de Digne et du Verdon. Des ensembles sédimentaires et tectoniques se superposent les uns aux autres.
Les gorges du Verdon ont été creusées dans les massifs calcaires de la chaîne alpine déplacés massivement vers le sud à la fin de l’ère tertiaire. Les calcaires des gorges (datés de -150 à -135 millions d’années, Jurassique supérieur) ont donc participé à ce mouvement. Ils ont eux-mêmes été chevauchés par d’autres ensembles calcaires.
Le Verdon s’est adapté aux déformations des massifs. Il a creusé son lit au travers d’une énorme pile de couches géologiques avant d’atteindre et d’entailler les calcaires « inférieurs », ceux des gorges actuelles. Le travail d’entaille a été facilité et activé à un moment très précis dans l’histoire des canyons autour de la Méditerranée : lors de la crise messinienne.
Entre -6 et -1 millions d’années, ces événements majeurs, les chevauchements et la crise messinienne, se produisent simultanément et impactent le secteur du Verdon. Un réseau karstique aérien et souterrain s’est mis en place avec la crise messinienne. Il a évolué en même temps que se produisait la déformation des massifs calcaires, ce qui a obligé l’eau à forcer de nouveaux passages. Puis, pendant et après le colmatage des canyons, les déformations tectoniques alpines se sont poursuivies et le karst alors comblé et inactif du Verdon a été affecté par des failles.
L’histoire des canyons méditerranéens ne s’arrête pas là. En effet, les périodes glaciaires du Quaternaire ont provoqué également des baisses du niveau marin de façon bien plus modeste que lors la crise messinienne, l’eau étant alors piégée dans les calottes polaires et les grands glaciers.
Les anciens karsts sont réactivés et déblayés de leurs sédiments. Dans les régions soumises à la surrection alpine, l’érosion y a été plus intense qu’en aval. Cela a favorisé le développement de nouveaux réseaux se superposant aux réseaux anciens et les recoupant. C’est très probablement le cas de l’actuel réseau karstique du Verdon.
Le débat sur l’histoire messinienne des grandes gorges reste ouvert et les géologues poursuivent leurs recherches en quête de nouveaux indices.
Ce qui est certain, c’est que le paysage actuel des grandes gorges est un paysage jeune dont le dernier modelé est hérité de la dernière glaciation, entre -90 000 et -11 000 ans.
© L’aventure géologique – consulter l’article complet ici
Le livret « Route des Crêtes«
est en vente à l’office de tourisme
au tarif de 5 €
Le meilleur guide pour découvrir ses incroyables panoramas et l’histoire du Grand Canyon.










